Chants coptes et instruments

Origène atteste de la vaste utilisation du chant dans les premières églises chrétiennes vers le milieu du 3ème siècle. Il s’avère que la forme des offices chrétiens originels était tirée de la synagogue juive dont la voix du chantre constitue l’unique musique.  Au début du 3ème siècle, St. Clément d’Alexandrie refusa visiblement l’utilisation d’instruments et essaya de simplifier les psaumes en bannissant les gammes diatoniques et chromatiques excessivement élaborées. En conséquence, le style de chant alexandrin fut renommé pour son ‘austérité’. Plus tard, la musique semble être devenue plus mélodique et antiphonaire, reconnue comme relevant du  style ‘syrien’. De la même manière, l’époque de St. Antoine vit s’instaurer l’existence de psaumes et de cantiques au sein des monastères qui surgissaient dans le désert de l’Egypte. Cependant, par la suite, ces derniers ne furent pas considérés en accord avec la vie ascétique. C’est ainsi qu’au 4ème siècle, l’abbé Sylvain du Sinaï est reporté comme croyant que le chant endurcissait le cœur et signifiait un acte d’orgueil.

Vers les débuts de l’Eglise copte, le chant était interprété par les chantres hommes, souvent aveugles dans la mesure où ceci était supposé leur conférer une sensibilité d’écoute plus fine. Le chantre n’était pas un prêtre mais, à la manière des synagogues juives, il était reconnu comme appartenant à une réelle profession. Ils furent plus tard entraînés et employés par l’Eglise copte en tant que responsables de l’interprétation correcte des cantiques et des réponses de chaque office. Dans l’Eglise copte, les chantres sont autorisés à un certain degré d’improvisation, même s’il reste impossible de confirmer si cela fut toujours le cas.

Malgré les débats concernant l’utilisation des instruments, certains étaient connus dans l’église primitive, beaucoup d’entre eux ayant été observés sur les papyrus et fresques pharaonique et ptolémaïque. Des écrits datant du 1er siècle identifient un harpiste et un joueur de cymbale tandis qu’au début du 3ème siècle, les objections de St. Clément face aux instruments révélèrent que le psaltérion, la trompette, le tambourin, le tympanon et le pipeau furent couramment utilisés bien qu’il toléra l’usage de la lyre et de la cithare du fait que le roi David en jouait prétendument.  

Au 3ème siècle, Origène attribua des qualités spirituelles à certains instruments: la trompette représentait alors le pouvoir de la parole de Dieu alors que le tympanon représentait la destruction du désir charnel. 

A un certain point, les instruments furent de retour dans les offices coptes. Les manuscrits arabes du 11ème et 12ème siècle en provenance du monastère de Sainte Catherine au Sinaï citent les tambours, les cordophones (un instrument à cordes pincées), ayant tous été appropriés aux offices de l’église. Une cloche sonnée de l’extérieur au moyen d’une tige était également d’usage pendant le 14ème siècle afin de marquer le début des offices, même si cela n’est plus le cas aujourd’hui. Les flutes et clarinettes furent introduites plus tardivement. De nos jours, les offices coptes utilisent de petites cymbales (à la fois mentionnées dans l’Ancien et le Nouveau Testament) et un triangle métallique, ces instruments étant joués par le chantre ou un diacre afin de pourvoir les cantiques et réponses d’un accompagnement rythmique.