L’Eglise Copte Orthodoxe

cairo-coptic-churchLes coptes sont des égyptiens chrétiens natifs. Selon la tradition, le christianisme fut introduit en Alexandrie par l’apôtre Saint Marc aux alentours de l’an 42 après Jésus-Christ, durant le règne de l’empereur Claudius, et se répandit rapidement en Egypte par la suite. Au début du 3ème siècle, les chrétiens constituèrent la population majoritaire en Egypte, l’église d’Alexandrie étant reconnue comme l’un des quatre évêchés apostoliques de la chrétienté, les trois autres étant Rome, Jérusalem et Antioche. Le christianisme fleurit en Egypte et ailleurs après que l’empereur Constantin l’ait adopté en tant que religion de l’empire romain au début du 4ème siècle après Jésus-Christ. Cependant, suite à l’invasion des musulmans en l’an 639 après Jésus-Christ, beaucoup d’égyptiens se convertirent graduellement à l’islam.

La plus ancienne au monde, l’école théologique d’Alexandrie joua un rôle majeur dans l’enseignement religieux à travers toute la chrétienté. Elle fut reconnue pour ses maîtres tels que Clément d’Alexandrie et Origène, ce dernier étant reconnu comme le premier théologien chrétien. L’école proposait un enseignement en science et en mathématiques, ainsi qu’en théologie chrétienne. De même, dans le but d’enseigner aux érudits aveugles, l’école utilisait du bois taillé, signe précurseur de Braille.

L’Eglise d’Egypte fut également responsable de la tradition monastique, celle-ci ayant trouvé ses débuts au 3ème siècle lorsque les chrétiens vendirent leurs possessions et partirent au désert afin de prier et consacrer leurs vies à l’adoration de Dieu. Saint Antoine et les autres fondateurs furent reconnus comme les ‘Pères du désert’ et, vers la fin du 5ème siècle, il exista des centaines de monastères et de grottes d’ermites partout au désert en Egypte. Quelques-uns de ces monastères existent encore aujourd’hui. Les Pères du désert exercèrent une influence considérable sur le développement initial du christianisme. Beaucoup de leurs premiers visiteurs continuèrent à fonder leurs propres ordres monastiques, y compris Saint Benoît, qui mena à la fondation de l’ordre bénédictin au 6ème siècle. Un autre, Saint Jérôme, écrivit les paroles des Pères du désert, toujours existantes jusqu’à nos jours.

Schisme

Au début du 4ème siècle, Arius, un prédicateur Libyen, fut à l’origine d’un conflit théologique en suggérant que Jésus fut créé par Dieu, étant alors inférieur à lui. Ceci fut refusé par le patriarche d’Alexandrie qui soutint que la nature de Jésus était la même que celle de Dieu. Le conflit s’étant répandu dans toute la chrétienté, l’empereur Constantin réunit le Concile de Nicée en l’an 325 après Jésus-Christ. Les arguments d’Athanase d’Alexandrie (le futur Pape Athanase) prirent finalement le dessus et il fut nommé responsable de la formulation du Crédo nicéen, proclamant la divinité de Jésus. Arius fut excommunié.

La véritable nature de Jésus engendra un conflit plus marqué au début du 5ème siècle avec les enseignements de Nestor, patriarche de Constantinople. Il enseigna que Jésus avait deux natures distinctes, divine et humaine, la nature divine demeurant à l’intérieur de la nature humaine et que la Vierge Marie ne pouvait donc être nommée ‘Mère de Dieu’ mais uniquement ‘Mère de Christ’. L’enseignement de Nestor fut réfuté par Saint Cyril, patriarche d’Alexandrie qui maintint que les natures divine et humaine étaient réunies en Jésus. Saint Cyril convoqua le concile d’Ephèse en l’an 431 après Jésus-Christ, année à laquelle le nestorianisme fut condamné comme hérétique. Les partisans de Nestor s’enfuirent en Perse où leurs croyances se répandirent parmi un certain nombre d’églises orientales.

Néanmoins, le conflit se poursuivit et, au final, convoqué par Pape Léo de Rome en l’an 451 après Jésus-Christ, le concile de Chalcédoine affirma la double nature de Jésus, à la fois divine et humaine, en condamnant les enseignements de Dioscore, Pape d’ Alexandrie, comme étant de nature monophysite et hérétique. Cela résulta en un schisme entre les églises qui affirmaient la doctrine chalcédonienne et les familles d’Alexandrie guidées par le pape d’Alexandrie, devenu pape ultérieurement.  Bien que la doctrine chalcédonienne affirmant la double nature de Jésus ne soit pas entièrement différente de celle de Nestor, le concile de Chalcédoine approuva également l’hérésie du nestorianisme. En grande partie, ceci mit fin aux conflits jusqu’au 11ème siècle lorsque les églises orthodoxes rompirent leurs liens avec l’Eglise catholique romaine lors du schisme oriental-occidental. De récents discours théologiques entre les Eglises coptes et d’autres Eglises orthodoxes révélèrent leur croyance égale concernant la véritable nature de Jésus, suggérant que les premiers conflits n’avaient possiblement émergé qu’en raison de difficultés linguistiques et politiques.

L’Eglise copte aujourd’hui

Actuellement, on compte environ 20 millions de chrétiens coptes, plus de 11 millions d’entre eux vivant en Egypte. Les coptes d’Egypte constituent la plus vaste communauté du Moyen-Orient, de même que la plus vaste minorité religieuse dans la région, représentant environ 15% de la population égyptienne. Le dirigeant de l’Eglise copte est le Pape d’Alexandrie et le Patriarche de la Prédication de Saint Marc, à savoir actuellement le Pape Théodoros II. L’école d’Alexandrie fut réinstaurée en 1893 et existe aujourd’hui pour la formation théologique, des campus dans plusieurs pays inclus.

De même qu’avec les autres Eglises orthodoxes, la tradition de l’Eglise copte déclare que seuls les hommes peuvent être ordonnés prêtres, même s’ils sont parfois mariés pourvu que le mariage ait eu lieu avant l’ordination. De la même manière, les principales dates de fêtes sont partagées avec quelques églises orthodoxes, en fêtant Noël le 7 janvier. Le jeûne constitue une part considérable de la pratique religieuse, reconnu à son apogée pendant le jeûne du Carême et de la semaine sainte, durant lesquels les coptes ne mangent que végétalien pendant 55 jours.

En Egypte, les offices coptes ont lieu en copte et en arabe, même si d’autres langues peuvent être utilisées en raison de la diaspora. Les cantiques sont généralement chantés en langue copte originelle. Celle-ci évolua à partir de l’égyptien et des hiéroglyphes et fut parlée jusqu’au 17ème siècle, moment où elle fut remplacée par l’arabe. Elle fut initialement écrite en faisant usage de l’alphabet grec mais fut adaptée à l’ajout de symboles tirés de l’écriture hiéroglyphique dont le but était de représenter les sons égyptiens qui n’existaient pas en grec. Cette langue est aujourd’hui principalement morte et n’est quasiment réservée qu’à l’utilisation liturgique.