Origines de la musique sacrée copte

Bien que différente de la musique arabe, de nos jours, la musique sacrée copte consiste principalement en des cantiques chantés au moyen du solfège de la gamme arabe. La musique copte n’était pas écrite mais a toujours été transmise par le biais de la tradition orale. Certains cantiques à notation musicale grecque furent trouvés en Egypte. Datant du 3ème siècle, l’un d’eux provient des fouilles d’Oxyrhynchus, à la fin du 19ème– début du 20ème siècle. Ceci fut le premier exemple de cantique chrétien écrit, enclin à avoir été associé au répertoire copte. Un papyrus trouvé à Fayoum, en Egypte, montre un système de points liés aux lettres du texte d’un cantique grec, ce qui pourrait s’avérer être une première forme de notation musicale. Toutefois, il n’a pas encore été possible de le déchiffrer. Deux autres papyrus à notation similaire font partie de l’ère préchrétienne. Il s’agit d’un manuscrit datant du 5ème ou 6ème siècle, qui représente des cercles aux tailles et couleurs variées, reconnus par certains comme étant un développement émanant du système de points en tant que notation musicale. Au début du 20ème siècle, certaines messes furent transcrites en notation musicale orientale, celle-ci restant toutefois différente de cette musique copte sacrée qui n’a pas été étudiée en profondeur.

Les sources exactes de la plupart des cantiques sont inconnues. Au 1er siècle après Jésus-Christ, le philosophe Philon d’Alexandrie déclara que les chrétiens prirent des mélodies tirées de l’époque des pharaons en ajoutant des textes chrétiens. De même, il annonça que les papyrus d’Oxyrhynchus révélèrent beaucoup de similarités entre la première liturgie chrétienne et l’ancien culte égyptien d’Isis. D’après les érudits, il s’avère que beaucoup de cantiques  utilisèrent des mélodies avec lesquelles les gens étaient déjà familiarisés. Il est alors possible que la musique des ères pharaonique et ptolémaïque ait été adaptée. Beaucoup de cantiques auraient été composés avant le 4ème siècle et d’autres furent attribués aux Alexandrins, St. Clément et St. Athanase. Vers la fin du 5ème siècle, on pensa que les liturgies avaient été clairement constituées avec leurs psaumes, hymnes et cantiques respectifs.

Les érudits ont noté que certaines messes contiennent des éléments juifs, syriens et byzantins même si, à leur tour, il se peut que les rites coptes aient aussi influencé l’église syrienne. De plus, il s’avère possible que la récitation copte de 12 psaumes soit à l’origine de la série des 12 psaumes des églises gauloises et romaines, connaissant un style similaire, malgré une mélodie différente. La fertilisation croisée des églises copte, byzantine et romaine prit fin après le concile de Chalcédoine en l’an 451 après Jésus-Christ, même si le contact avec l’église syrienne fut toutefois maintenu, des moines coptes étudiant dans un monastère syrien pendant le 5ème et 6ème siècles.  Suite à la conquête arabe de l’an 642 après Jésus-Christ, les rites coptes furent considérés comme n’important plus d’influence musicale ou textuelle venant de l’extérieur, bien que l’incorporation de cantiques grecs écrits au 9ème siècle ait certainement eu lieu. A part cela, la musique sacrée copte semble être majoritairement restée inchangée depuis les débuts du christianisme jusqu’au 21ème siècle. En tant que telle, la musique sacrée copte chantée de nos jours peut être considérée comme l’une des représentations les plus authentiques des débuts de la musique chrétienne.